Site internet du Bureau des Congrès de Metz Métropole Site internet du Bureau des Congrès de Metz Métropole

Février 2016 - Michel Louis

Le portrait du mois - Février 2016

Michel Louis - Directeur Général du Zoo d'Amnéville

Je suis né à Cholet (Maine et Loire) le 11 septembre 1954. La passion des animaux m'est tombée dessus comme un coup de foudre à l'âge de 4 ans, en visitant la ménagerie d'un grand cirque français. Je ne parlais plus que de lions, de tigres et d'éléphants. À l'âge de 10 ans, je voulais devenir dresseur ou monter un zoo ; dès que je le pouvais je me rendais dans les zoos de Doué la Fontaine et La Flèche. De retour en Moselle à l'âge de 18 ans (ma famille est d'origine lorraine), je me suis inscrit à la Faculté des Sciences de Nancy ; mais j'avoue que j'étais plus souvent dans les cirques où, grâce à Jean Richard, j'ai pu être initié au dressage des lions et des tigres.

J'ai fait la connaissance du Docteur Jean Kiffer, Maire d'Amnéville en 1973. C'est en 1978, alors que j'effectuais mon Service National, qu'il m'a proposé de monter mon zoo au Centre de Loisirs d'Amnéville. En attendant son feu vert effectif j'ai travaillé encore un an au cirque, puis quatre ans dans une compagnie d'assurances.
Les démarches pour la création du Zoo d'Amnéville ont commencé fin 1983, les travaux en mars 1985. Il faut dire qu'au départ, le projet ne suscita que scepticisme et hostilité : personne n'y croyait à part le Dr Kiffer qui fut mon seul bouclier !... Mais la détermination vient à bout de toutes les difficultés et, le 28 juin 1986, le Zoo d'Amnéville ouvrait ses portes avec 200 animaux, 5 hectares, une dizaine de salariés. Le succès fut immédiat : 95 000 entrées en 6 mois. Depuis lors le Zoo d'Amnéville a pratiqué sans relâche une politique offensive en matière de communication et d'investissements, avec des créations de plus en plus audacieuses. En 2016 le zoo s'étend sur 18 hectares, compte près de 2 000 animaux des 5 continents et  appartenant à 360 espèces différentes. Il emploie de 125 à 220 salariés suivant la saison, et le nombre annuel des visiteurs dépasse les 600 000.

Avec TigerWorld (ouverture avril 2015), je  reviens à ma passion pour le dressage des fauves puisque je remplace mon jeune et talentueux dresseur Rémy Flachaire lorsque celui-ci est en congés hebdomadaire ou annuel.
À travers deux ouvrages dont je suis l'auteur et qui ont été publiés chez Plon-Perrin (« La Bête du Gévaudan » et « Terreur dans la Brousse »), je me suis fait l'avocat des loups, des lions et autres prédateurs).
 


Pouvez-vous nous décrire votre activité ? nous parleR de vos projets ?

Je suis donc le fondateur et le directeur général du Zoo d'Amnéville, qui est devenu au fil des ans un des trois plus importants en France et un des plus beaux d'Europe. Nous venons de réaliser en 2015 notre meilleure saison historique, avec 631 000 entrées et un chiffre d'affaires de 18 200 000 € HT. Le Zoo d'Amnéville est un établissement privé et indépendant qui n'a jamais reçu aucune subvention. Il ne se rend acquéreur que d'animaux nés dans d'autres parcs zoologiques ou établissements d'élevage, n'opère aucun prélèvement en milieux naturels. Le bien-être et la santé des animaux sont nos priorités absolues, de même que la propreté des installations, la sécurité des personnes et la beauté du cadre végétal. Le Zoo d'Amnéville est devenu progressivement un magnifique écrin de verdure qui constitue la bambouseraie la plus importante en France au nord de la Loire. Nous accordons beaucoup d'importance à la beauté des décors, que nous essayons de rendre typiques du milieu d'origine de l'espèce.
J'ai autour de moi une équipe très soudée et motivée qui est une grande force pour le parc. J'ai créé le Zoo dès l'origine sous forme de SCOP pour favoriser les rapports humains et permettre aux salariés de se partager 50% des bénéfices, les 50 autres pourcent étant réinvestis dans le parc. Tout est géré en interne, y compris les boutiques, buvettes et structures de restauration. Le Zoo possède sa propre équipe technique qui prend une part importante dans la réalisation des investissements nouveaux. Le Zoo d'Amnéville est un établissement totalement privé et indépendant, qui ne reçoit aucune subvention.
Les zoos ont aujourd'hui une mission importante, celle d'éduquer le public, de le sensibiliser aux problèmes d'environnement et à la sauvegarde des espèces en danger. Une équipe « pédagogie » y oeuvre quotidiennement au Zoo d'Amnéville. Pour sensibiliser les visiteurs, il n'est pas de meilleur moment que lorsqu'ils sont rassemblés pour voir des animaux en action dans un beau spectacle : c'est pourquoi de nombreuses animations ont lieu tous les jours de février à novembre, ainsi que 4 grands spectacles dans les secteurs de Perrot's Jungle (perroquets), La Baie des Lions de Mer (otaries), les Prédateurs du Ciel (rapaces et chevaux) et TigerWorld (tigres, dans la nouvelle salle de spectacle).
 
Parmi tous les zoos européens, le Zoo d'Amnéville est un de ceux qui s'investissent le plus fortement pour la conservation de la biodiversité. Il y consacre chaque année un budget important : plus de 2 000 000 € durant ces cinq dernières années. Ces sommes sont réparties entre une vingtaine d'associations qui oeuvrent de par le monde à sauver les espèces menacées, à préserver les écosystèmes et à gérer les conflits hommes-animaux.
Depuis 1987, mes fonctions d'expert CCED auprès des Services des Douanes me permettent de contribuer à la lutte contre le trafic animalier. Le Zoo d'Amnéville est dépositaire bénévole de nombreux animaux saisis chez des trafiquants.
                      
Les projets sont nombreux au Zoo d'Amnéville, qu'il s'agisse de créer des installations plus belles pour des animaux déjà présents (ours bruns) ou de construire de nouvelles attractions (dragons géants de Komodo, faune australienne, reptiles venimeux, etc…). Nos projets incluent bien sûr une action de plus en plus forte en faveur de la conservation de la biodiversité.


Quel est Votre lien avec Metz Métropole ?

Lorsqu'en janvier 2015, le secrétariat de Monsieur le Maire de Metz m'a contacté pour me proposer de devenir « ambassadeur de Metz-Métropole », répondre positivement m'a paru tout naturel, car j'ai toujours été amoureux de la Ville de Metz, depuis mon enfance où ma famille venait y passer quelques semaines chaque année en été.


Que pensez-vous de Metz et de son agglomération ? Ses forces et ses faiblesses ?

Pour moi Metz a toujours été une ville passionnante, d'abord par ses magnifiques monuments témoins d'une histoire très riche et remontant à près de 3 000 ans. D'abord sa majestueuse cathédrale comportant la plus haute nef de France et les plus grandes verrières gothiques du monde. Le Musée de la Cour d'Or, témoin de la Metz romaine qui s'appelait alors Divodurum et possédait un des plus vastes amphithéâtres des Gaules. St-Pierre-aux-Nonnains, la plus vieille église de France, vestige de l'époque mérovingienne, etc…
Je crois que Metz, ville verte aujourd'hui plus que jamais, tient une partie de son charme à sa position originale de part et d'autre des méandres de la Moselle, comme si la campagne s'insinuait jusqu'au coeur de la ville. Metz, dont les vieux quartiers pouvaient paraître jadis pittoresques, certes, mais vieillots et sales, a magnifiquement su rénover ces quartiers en restaurant leur cachet ancien ; je pense notamment au quartier des Tanneurs et aux quais de la Moselle. Des réalisations récentes, comme le Centre Pompidou-Metz, ajoutent encore, évidemment, à l'attrait de la ville.
En résumé, je ressens la même chose que Paul Verlaine lorsqu'il écrivait à propos de Metz : « Il n'est pas de ville qui se fasse mieux aimer ».
 
Metz a donc de nombreux atouts pour être une ville attrayante, une ville touristique. Or je suis certain que le « tourisme » à Metz est loin d'être à la hauteur de ce que mérite la ville. Pourquoi ? Sans doute parce que la Moselle a encore, pour les « français de l'intérieur », l'image des hautes cheminées d'usines et des mines de charbon. J'ai souvent l'impression que les parisiens, notamment, ne s'intéressent qu'à ce qui est au sud et à l'ouest de chez eux, et nous prennent un peu pour des « boches de l'est » (sans aucune animosité contre nos amis d'outre Rhin !). Il y a aussi le climat qui n'est pas des plus attirants, et ça on n'y peut pas grand chose… Et puis je dirais qu'hormis les Vosges, la Lorraine dans son ensemble a du mal à devenir une véritable destination touristique.


Vous êtes Ambassadeur de Metz Métropole. comment imaginez-vous votre rôle ?

Il est clair que le Zoo d'Amnéville amène chaque année dans ce qui fait partie de "Metz Métropole" plusieurs centaines de milliers de personnes venant de Champagne-Ardennes, Alsace, Bourgogne, Nord-Picardie, Luxembourg, Belgique et Allemagne ; et même parfois de beaucoup plus loin, notamment depuis la création du spectacle "TigerWorld". Après, pour que Metz profite de cette manne touristique, pour qu'en retour Amnéville profite davantage des touristes qui visitent Metz-Ville ou le Centre Pompidou-Metz, il est clair que nous devons étudier ensemble une meilleure synergie entre les différents pôles touristiques et culturels de Metz Métropole.
Comme l'a dit pertinemment Monsieur le Maire de Metz lors de notre première réunion : "le Zoo de Metz est à Amnéville".
 

Et enfin, Metz Métropole en 1 mot ?

L'avenir.